prise en charge des marginaux
Au 19e siècle le nombre des orphelins fut élevé, à cause de la mortalité élevée des adultes due à des épidémies comme la tuberculose. Ces enfants ont souvent été exploités par la société notamment comme main-d'oeuvre bon marché dans les fabriques.
Les communes ouvrirent des maisons de pauvres. Là furent entassés sous le même toit des orphelins,des malades mentaux, des clochards, souvent des ivrognes. Les soeurs d'Ingenbohl s'engageaient en priorité pour ces marginaux. Elles prirent en charge ces maisons de pauvres en 1852/53 dans la majorité des cantons suisses.
En Suisse romande des homes et orphelinats furent confiés aux soeurs : en Valais à Sion 1872-1907, à Sierre 1900 ; dans le canton de Fribourg à Gruyères 1872, à Sâles 1873, à La Roche 1903-1990, à Romont 1898-1963, à Attalens 1882-1985, à Bulle 1904-1991, à Epagny 1915-1944, à Courtepin1941-1974 ; dans le Jura, à Delémont 1891-1978, à St-Ursanne 1896-1988.
Afin d'assurer une prise en charge professionelle des handicapés, les soeurs d'Ingenbohl ont ouvert des centres de formation socio-pédagogique.
Elles ont été des pionnières de l'intégration sociale des sourds. Il faut relater la figure de Sr Bernalda Jaggi (1886) qui s'initia dans la nouvelle méthode de démutisation et arriva à des résultats remarquables à Gruyères. Encouragée par Mère Marie-Thérèse, elle-même, elle continue à se perfectionner dans ce domaine. De 1920-2003 l'Institut St-Joseph au Guintzet près de Fribourg fut un centre réputé dans le travail avec les handicapés de l'ouïe et du langage.En 1955 Sr Gérardine Pauchard donne une conférence à l'université de Fribourg sur l'éducation des sourds. En 1962 Sr Athanasia Philipona reçoit la charge de professeur de logopédie à l'Institut de pédagogoie curative. Toutes les soeurs qui enseignaient soit au Guintzet à Fribourg, soit à l'institut au Bouveret, Valais(1929-1986) se sont formées dans diverses universités en vue de l'enseignement chez les déficients de l'ouïe et du langage.

                

A l'institut spécialisé de Hohenrain (Lucerne)220 soeurs d'Ingenbohl ont travaillé entre 1873-1999. A Bremgarten (Argovie) les soeurs ouvrirent un home pour la prise en charge et la promotion d'enfants handicapés. En 1951 on fonda un école de logopédie à l'institut St-Eugenio à Locarno.
Ces religieuses furent animées par l'esprit du fondateur, Théodose Florentini, qui disait : "Tant qu'il y aura un enfant malheureux sur la terre,
je n'ai pas le droit de me reposer."
 
 
 
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