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Impressions
de l'Inde |
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notre Soeur Debora Ueckert raconte |
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Après 18 ans, de novembre à décembre 2009, j’ai eu l’occasion de revivre en Inde de toucher de près ce subcontinent. Durant quelques semaines j’ai séjourné dans les États de Chhattisgarh, Jharkhand et Bihar, spécialement dans les régions de l’Inde central et du nord. Riche de mes souvenirs et de mes impressions passées, je me suis confrontée à ce pays. Je vous partage mes observations et mes expériences. |
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Beaucoup de choses ont changé, évolué, d’autres sont demeurées pareilles. Les contrastes se sont accentués. Dès mon arrivée à Dehli, je suis frappée par le progrès technique. Un train rapide est en construction sur d’énormes viaducs. Ici comme à Patna et à Ranchi on voit un grand nombre de voitures, de motos, de publicités concernant l’informatique, les handys etc. Et pourtant la vache indienne se promène tranquillement au milieu de ce tumulte ! Dans tout le pays se dressent de grandes antennes téléphoniques. Le standard de vie de la classe moyenne s’est amélioré. Par contre dans les villages, les Adivasi (population primitive) et les Dalits (la plus basse caste des Hindous) vivent comme il y a vingt ans. Au Bihar et ailleurs, nos sœurs relatent l’oppression exercée par le système des castes et des grands propriétaires terriens ; elles soulignent aussi le travail des enfants, la discrimination de la femme et la pauvreté par manque d’infrastructures. Il y a de l’argent, disent les gens, mais il aboutit dans de fausses poches. La croissance économique est souvent due à la corruption et à l’appât du profit. |
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On a beaucoup entrepris pour scolariser les enfants des Adivasi. À Maheshmunda je vois une foule d’élèves de la tribu des Santals et à Gholeng c’est une armée d’enfants Uroan pleins de dynamisme et éveillés. |
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Quel avenir, quelle espérance ? L’espérance est menacée. J’apprends que des mouvements terroristes sèment la peur. À Chhattisgarh, des Hindous extrémistes suscitent la discorde. Les soi-disant « Mao-communistes » veulent créer un État exclusivement hindou. Tout ce qui est venu de l’étranger, entre autre le christianisme, doit disparaître. Les villages chrétiens des Adivasi vivent dans la peur. Des terres acquises par les missionnaires sont déclarées illégales. L’Église investit beacoup de forces et temps dans des procès. J’ai entendu un prêtre indien déclarer qu’il se sentait étranger dans son propre pays. |
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Des groupements politiques font pression sur les écoles chrétiennes. Des jeunes sont détournés d’une bonne formation scolaire par des promesses fallacieuses et ils aboutissent dans des réseaux dangereux. Notre sœur Jemma Beck qui vit dans cette région met tout en œuvre pour promouvoir une formation sociale et politique.
D’autre part je vois nos communautés, spécialement dans les hôpitaux et autres centres, très ouvertes, collaborant avec les Hindous et les Musulmans. Je suis impressionnée par l’entraide des familles dans les villages éloignés.
Dans l’État de Jharkhand, je suis témoin du comportement subversif des ouvriers qui subissent l’injustice. Malheureusement cette justice veut s’obtenir par la violence et la terreur. Je fais l’expérience de routes bloquées et j’entends parler de vengeance lors des votations communales. Les gens aspirent à un gouvernement stable. |
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L’Inde est devenue plus sensible à la sauvegarde de l’environnement. Le gouvernement a ordonné un reboisement de la jungle. Dans les écoles s’est organisé un mouvement pour la protection des arbres et de plantes. Par contre, je constate le désert noir causé par l’exploitation du charbon qui a détruit les cultures des Adivasi. |
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En jeep je traverse des campagnes où j’observe avec joie la culture des pommes de terre et des légumes. À plusieurs endroits la nourriture est plus équilibrée. Cependant l’Inde n’est pas épargnée par la famine, à cause des pluies de la mousson ou de la sécheresse qui détruit les plantations de riz. De nouveaux projets sont à créer, pour récolter l’eau de pluie.
La vertu curative des plantes est davantage utilisée. Nos communautés ont installé des panneaux solaires. À plusieurs endroits nos sœurs me montrent le grand nombre de plantes qu’elles cultivent. Puis je pense aux villages Dalis de Jharkhand contaminés par le sida, situés au carrefour des routes menant à Calcutta où passent de nombreux poids lourds. |
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Enfin j’ai ressenti beaucoup de joie en voyant des signes d’espérance dans les rencontres avec les groupes d’entraide au Chhattisgarh et au Bihar. Je leur ai demandé ce qui avait changé dans leur vie et ils m’ont répondu : « Nous ne pleurons plus, parce que ensemble nous nous sentons forts. Nous ne supportons plus un homme adonné à la boisson et qui bat sa femme. Nous pouvons nous défendre et assumer nos responsabilités. Nous mettons notre argent de côté et sommes fiers d’avoir un compte en banque, cela nous permet de secourir une femme en détresse. » |
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C’est dans ce contexte que nos 600 sœurs indiennes « d’Ingenbohl » travaillent. Comme toujours elles vont au devant des pauvres, des laissées pour compte. D’autres défis se présentent à elles : l’engagement pour les droits humains, par la lutte contre des structures qui ne respectent pas la dignité et la vie de la personne. Il faut du courage, de l’ingéniosité et surtout beaucoup de patience. |
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Maison-Mère |
Maison provinciale
des Soeurs d'Ingenbohl |
| Ch. des Kybourg 20 |
| CH-1700 Fribourg |
026
/ 488 31 31 |
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