Marie Thérèse Scherer
 
orientation et valeurs
 

Après la mort du fondateur en ce terrible mois de février 1865, ce fut Mère Marie-Thérèse Scherer qui dut éprouver et supporter "le poids et la chaleur du jour".

Elle passa son enfance à Meggen, sur le lac des Quatre-Cantons. Toute jeune, elle eut la douleur de perdre brutalement son père, fauché par une pneumonie foudroyante. A la suite de ce décès tragique, la famille fut disloquée. La fillette grandit chez des personnes de sa parenté, de bons chrétiens et elle devint une jeune fille très croyante. A 18 ans, il y eut une première rencontre avec P. Théodose, à Altdorf. Les projets du capucin l'enthousiasmèrent tellement qu'elle prit le risque de le suivre et de collaborer avec lui.

Sa vie durant, Sr Marie-Thérèse conserva les dernières lignes écrites par le Père, comme un précieux testament : "Dans les choses nécessaires, l'unité, - dans le doute, la liberté, - en toutes choses, l'amour." C'est dans cette optique que la jeune supérieure et ses soeurs reconnurent et endossèrent l'énorme dette laissée par le fondateur. L'attitude de la jeune religieuse les brancha et leur communiqua le sens des valeurs. Elle tendit la main à celles qui étaient tentées de rebrousser chemin et, sans se lasser, leur montra le but à atteindre.

Sa présence mettait la joie dans les communautés, elle les désirait fraternelles et amicales. Auprès d'elle, on se sentait à l'aise et libre. Elle savait découvrir le côté positif des soeurs, elle respectait leurs originalités et tâchait de les diriger judicieusement. Elle manifestait sa confiance  envers chacune et attendait beaucoup de leur part.

Elle s'efforçait d'être, avant tout,  une compagne pour chacune. Toute son attitude rayonnait de dévouement et de sérénité. Elle ne voulait pas "présider" en première ligne, par contre, elle considérait sa charge comme prophétique.

Dans sa vie, il y eut des temps de crises, d'incertitudes, de tâtonnements. Certaines décisions  dépassant largement le " ici et maintenant " allaient impliquer sa responsabilité jusqu'à nos jours. Dieu lui demandait beaucoup ! Mère M.-Thérèse s'accrocha à Lui et Il la soutenait. Sans cette confiance en Dieu, elle n'aurait certainement pas tenu le coup. Ses propres paroles en témoignent. Elle encourageait sans cesse les soeurs à s'abandonner à la providence divine et à faire totalement confiance à Dieu. A Lui, le Dieu crucifié et ressuscité à qui elle s'était vouée corps et âme au jour de sa profession, elle vouait maintenant une confiance sans bornes. Imprégnée de la parole de Dieu, elle fut toute sa vie à l'écoute des autres. La foi et l'espérance soutenaient sa tâche exigeante. Ainsi, l'amour grandit en elle et dans la communauté.

Sa vie entière dirige notre regard vers ce qui nous attend finalement. Les derniers mots prononcés avant sa mort sont significatifs : " Ciel ! Ciel !"

Sr Canisia Mack, archiviste à la Maison-Mère 

 
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