Nos sœurs défuntes

3-1-Soeurs

«SI ON SAVAIT QUI ON REÇOIT QUAND ON VA COMMUNIER, ON NE POURRAIT PLUS QUITTER L’ÉGLISE.

Cette phrase de son père a marqué sa vie.

Tôt ce matin, 25 avril 2013, notre chère

UR MARIE-BERNADETTE COLLAUD (LUCIE)
de Saint-Aubin/FR

est entrée dans la Joie pascale. Elle était dans sa 79e année et la 54e de sa profession religieuse.

Lucie a passé une enfance heureuse dans la ferme paternelle avec ses six frères et sœurs. C’est au soir du décès de son papa qu’elle répond avec détermination à la vocation religieuse.

Toute sa vie a été empreinte de courage, d’enthousiasme, d’esprit évangélique et d’attention aux plus pauvres.

Elle se dépense dans les écoles primaires de Vuadens, Sâles, Semsales. Ensuite, licenciée en lettres, elle enseigne à l’école de commerce de Sierre et au Centre de formation de l’Institut du Sacré-Cœur à Estavayer-le-Lac.

Avec zèle, elle anime des pèlerinages, des groupes de prières, des rencontres mariales, des partages de la Parole.

Peu à peu, la maladie a eu raison de cette vie débordante. Depuis 2009, elle est prise en charge avec amour et compétence par l’équipe soignante et ses consœurs de la Maison provinciale. Mon dernier A Dieu à cette terre

 

Sr Bernadette

Sœur Yvonne Crausaz (Marie)
Auboranges/FR
28 juillet 1918 – 23 mars 2014

Paisiblement, dans la nuit du 23 au 24 mars, à l’Hôpital cantonal de Fribourg, elle s’en est allée à la rencontre de Dieu, son Père. Elle était dans sa 96e année et la 74e de sa profession religieuse.

Très jeune, elle quitte la maison familiale et entre au couvent, c’était le 5 novembre 1934.

Toute sa vie a été empreinte d’un amour sincère pour le Cœur de Jésus et la Vierge Marie. Elle a essayé de transmettre cet esprit aux enfants dont elle a eu la charge à l’orphelinat de Delémont, de Courtepin et à l’Institut du Bouveret. Elle était aussi missionnaire de cette dévotion auprès de sa famille, de sa communauté, de tout son entourage.

Son talent pour la couture, le crochet, la broderie était remarquable, elle l’a prodigué aux enfants du Bouveret, où elle fut maîtresse de travaux manuels de 1958 à 1972. Plus tard, elle en a aussi fait bénéficier la communauté de l’orphelinat de Delémont et ensuite celle du Sacré-Cœur à Estavayer-le-Lac. Là durant plus de trente ans, elle a assumé avec beaucoup de savoir-faire la confection et les raccommodages. Elle s’occupait aussi avec zèle et minutie de la chapelle et de la sacristie. Notons encore sa connaissance des plantes médicinales. Qui n’en a pas bénéficié ?

Sœur Yvonne aimait la vie communautaire et y apportait sa bonne humeur et ses réflexions parfois insolites, par exemple : « heureusement que j’ai pris de l’âge, comme ça j’ai pu m’améliorer…parce que dans mon jeune âge j’étais un peu étroite, mon frère, l’abbé, me l’a rappelé souvent. » La réaction d’une consœur complète le portrait de notre Sœur : « Oui, Sœur Yvonne, vraiment tu es devenue bonne, très bonne, toujours aux affûts de faire plaisir, soit avec des cartes, des fleurs, des raccommodages, des paquets pour les pauvres et aussi avec de jolies histoires de ton vécu aux différents endroits où tu as été envoyée. »

En 2013, atteinte dans sa santé, Sœur Yvonne rentre à la Maison provinciale. Dans sa petite chambre, à l’étage des malades (ISRF), elle est toujours rayonnante, comblée spirituellement et entourée de soins attentifs.

Au jour de son ensevelissement, jeudi 27 mars 2014, en présence du clergé et des nombreux membres de sa famille, nos cœurs étaient pleins de gratitude pour tout ce que Sœur Yvonne nous a apporté durant sa vie de presque 100 ans, pour tout ce que nous avons vécu avec elle et surtout pour le témoignage de sa fidélité au Seigneur.

S Yv

Hommage à Sr Zita Hüppi 1946 – 2014

 En ce début d’Eucharistie, nous voulons retracer le chemin de vie de notre chère Sr Zita afin de l’intégrer profondément dans le mystère pascal que nous allons célébrer ensemble.

Sr Zita est née le 1er avril 1946 à St-Gall. Choyée par ses parents qui exploitent une entreprise de quincaillerie, Sr Zita passe une enfance heureuse avec sa sœur cadette, Priska.

Sa scolarité obligatoire terminée, elle quitte sa ville natale et poursuit sa formation à l’Institut du Sacré-Cœur d’Estavayer-le-Lac. Après 4 ans d’études – une année d’école ménagère et trois années d’école de commerce – elle obtient son diplôme de commerce. Revenue à St-Gall, elle retrouve avec joie la vie de famille et travaille chez FISBA textiles où elle se voit confier la correspondance française. Les randonnées en montagne, la pratique du vélo, du ski et même de la varappe dans les Dolomites avec son papa sont ses loisirs préférés.

A 23 ans, Sr Zita répond à un appel qui la taraude depuis longtemps. Elle quitte sa famille, sa belle ville de St-Gall et entre dans la congrégation des Sœurs de charité de la Sainte Croix d’Ingenbohl, dans la province de Suisse romande où elle prononce ses vœux le 9 septembre 1973.

Suivent les années d’études : une maturité commerciale, une formation catéchétique en Autriche et finalement des études à l’université de Fribourg où elle obtient une licence en Sciences économiques et sociales. A l’Institut du Sacré-Cœur à Estavayer-le-Lac Sr Zita enseigne dans les classes de commerce surtout. Elle forme de nombreuses volées d’élèves et les prépare à leur vie professionnelle. La comptabilité, l’arithmétique et l’informatique sont les branches où elle excelle. En 2005 elle est nommée administratrice de l’école ORES SA, du Centre de formation du Sacré-Cœur.

En 2011, après 29 ans d’enseignement dévouéSrZita prend définitivement congé de ses élèves et met ses connaissances et son expérience au service de l’ISRF – Institution de Santé pour Religieuses et religieux du canton de Fribourg – où elle travaille dans l’administration. A l’école ORÈS et à l’ISRF elle donnera ces dernières forces puisque c’est au cours d’une séance du conseil d’administration ORES que les premiers symptômes de la maladie se sont manifestés. Nous savons le combat que notre Sœur a mené depuis lors. C’est dans ce combat que nous retrouvons Sr Zita avec sa volonté de vivre et son abandon, sa lucidité, son courage et ses doutes, sa gentillesse et sa discrétion, sa reconnaissance et son admiration pour tout ce qui est fait pour elle, en termes de soins médicaux et infirmiers, en amitié et en affection. Elle a été sensible à chaque visite, à chaque geste, à chaque prière et parole de soutien. Nous retrouvons Sr Zita fidèle à la prière mariale, à ses visites à la grotte, le chapelet en main jusqu’au bout.

 

L’amitié et l’estime envers une personne se manifestent et prennent valeur dans la gratuité surtout. Et cela, Sr Zita l’a particulièrement expérimenté au cours de sa courte et implacable maladie. Je peux vous le dire : elle a su l’apprécier.

Sr Zita, MERCI pour qui tu as été pour nous toutes et tous : une âme toute donnée à Dieu et par conséquent toute donnée aux autres.

Ton chemin pascal s’est achevé la veille du 41ème anniversaire de ta profession.

Repose maintenant et à jamais dans la Paix et la Lumière de Celui qui t’a aimée, appelée et envoyée.

 

 

zita

 

Sœur Geneviève Vultier

1919- 2014

 

Le 12 mars 1919, la petite Madeleine vint au monde à Delémont « et Dieu vit que cela était bon et beau ! » Et le bonheur de ses parents était à son comble puisqu’ils accueillaient, en Madeleine, leur premier enfant. Au fil des ans, quatre filles et un garçon vinrent agrandir le cercle familial. Dans un manuscrit, daté du 31 mars 1942, Sr Geneviève dit : «Je suis née dans une famille chrétienne et musicienne. La prière en famille  a toujours été en honneur chez nous. Tout enfant déjà, je me préoccupais des autres. A quatre ans et demi, j’ai eu le bonheur de fréquenter l’école enfantine chez les bonnes Sœurs de la Sainte-Croix. A neuf ans, j’ai fait ma première communion. Ce grand jour est le plus beau de ma vie avec celui de ma confirmation.

A la fin de ma scolarité, je fis un apprentissage de tailleuse. Le manque de religion se fit beaucoup sentir. Heureusement, mes parents m’avaient placée dans une famille profondément chrétienne. Dieu m’acheminait vers ma future vocation. Dans cette famille, j’ai rencontré une militante de la JOC. J’ai suivi une retraite fermée, prêchée par M. l’Abbé Maréchal. Depuis lors, ma vie changea complètement. Je sentis plus impérieusement l’appel à la vie religieuse. J’avais le désir de faire du bien aux autres, de comprendre, de soulager la détresse des jeunes travailleuses et surtout, de remettre le Christ dans tous les milieux.»

A l’âge de 20 ans, Madeleine envisage sérieusement d’entrer au couvent. Malgré les oppositions de son entourage, à vingt-deux ans, elle entre chez les Sœurs de la Sainte-Croix d’Ingenbohl.

En 1946, Madeleine fait profession et devient Sr Geneviève. Sa sensibilité à tout ce qui est beau, elle la transmet aux élèves du Guintzet, du Sacré-Cœur à Estavayer-le-Lac et du Bouveret où elle enseigne la couture. A l’atelier de vêtements liturgiques de Besozzo en Italie, c’est avec fierté que notre Soeur confectionne des étoles pour le Vatican.

En raison d’aléas de santé, Sr Geneviève passera 25 années dans la communauté de Delémont où elle reçoit affection et compréhension. Elle peut, chaque jour, assurer l’accompagnement de sa chère maman résidante du Home de la Promenade. Elle a aussi la joie de participer à la chorale paroissiale. En 2002, sa santé de plus en plus fragilisée l’oblige à rejoindre la Maison provinciale, d’abord en communauté, puis à l’étage des malades où l’équipe soignante de l’ISRF lui offre des soins et un accompagnement compétents et affectueux. Le 15 décembre, au cœur de l’Avent, s’achèvent la longue attente de notre Sœur. Elle qui a su s’émerveiller devant tout ce qui est beau, contemple maintenant, et pour toujours, Celui qui est source de toute Beauté et de toute Bonté.

Tiré de l’hommage à Sr Geneviève Vultier de Sr Louise-Henri, provinciale, lors de la Messe de sépulture le 18 décembre 2014.

genvieve

 

Sr Marie-Gilberte Meyerhans

 

C’est au cœur de la Lumière de Noël que notre chère Sr Marie-Gilberte nous a quittées, vendredi dernier, de manière tout à fait inattendue. La voici maintenant dans la pleine lumière à laquelle elle a tant aspirée.

Originaire d’Amlikon Thurgovie, Gertrude naît à Berne le 15 décembre 1930. C’est là, qu’avec son frère Dieter, elle passe une enfance et une jeunesse heureuses. Son père Eugène exerce la profession de typographe. Sa maman Elisabeth se voue entièrement à sa famille et aux tâches ménagères.

Dans la famille Meyerhans les valeurs chrétiennes sont à l’honneur et l’éducation des deux enfants en est tout imprégnée. La mort accidentelle de son unique frère a été pour notre Sœur un grand chagrin. Elle en parlait souvent. Enfant, Gertrude doit interrompre plusieurs fois l’école primaire pour des séjours en Préventorium.

A l’âge de 16 ans, elle perfectionne son français dans la 1ère classe commerciale au Sacré-Cœur. Suivent 4 années d’école normale avec l’obtention du brevet primaire du canton de Fribourg. En 1953, tout en préparant un diplôme d’allemand, elle enseigne le français dans diverses classes du Thérésianum, à Ingenbohl. De langue maternelle allemande, Gertrud avoue préférer le français à l’allemand. Cette préférence l’a conduite à l’Institut de français de l’université de Fribourg où elle obtient un diplôme. Après une année d’enseignement au Sacré-Cœur dans différentes disciplines, elle quitte « son cher pensionnat » pour donner réponse à un appel de Dieu qui l’habite depuis plusieurs années. En 1956, elle entre dans la province romande des Sœurs de charité de la Sainte-Croix d’Ingenbohl, à Fribourg où elle fait profession le 27 avril 1959. Elle reçoit le nom de Marie-Gilberte.

Pédagogue avisée et appréciée de ses élèves, elle enseigne pendant 3 ans à l’école secondaire de Romont et pendant 43 ans à l’Institut du Sacré-Cœur à Estavayer-le-Lac. Le français et les matières commerciales sont ses branches préférées. L’exactitude en toute chose, elle la tient sans doute de son papa typographe.

Retraitée, elle donne des cours d’appui à des élèves en difficulté et les aide à surmonter des défis bien au-delà du domaine scolaire.

En communauté, Sr Marie-Gilberte est une consœur discrète mais bien présente, serviable et charitable. Pendant de nombreuses années, elle est remplaçante de la supérieure. Service qu’elle rend avec beaucoup de discrétion et sens des responsabilités.

En 2006, elle a la joie de fêter ses 50 ans de profession religieuse.
Après une hospitalisation, Sr Marie-Gilberte rejoint la maison provinciale où elle passe les 5 dernières années de sa vie.

Eprouvée dans sa santé, elle reste une consœur délicate et conserve une politesse distinguée. Au cours de ses années de retraite et de maladie, Sr Marie-Gilberte a pu compter sur l’amitié profonde et totalement désintéressée d’une fidèle amie, une lumière dans la nuit et le mystère de la maladie.

Chère Sr Marie-Gilberte, nous aussi, vos consœurs, vous disent merci pour qui vous avez été pour Dieu, pour nous et pour une multitude de jeunes : une Sœur de charité la Sainte-Croix qui, jour après jour a essayé d’actualiser le charisme de la congrégation dans l’enseignement et l’éducation.

Le 26 décembre, « le Seigneur vous a relevée et guérie de toutes vos angoisses. Puissiez-vous, maintenant et sans fin, lui rendre grâce » Ps. 27.

TEMOIGNAGE D’UNE AMIE

Adieu Sr M. Gilbert

 

 

sr mgilberte