Soeurs défuntes 2015

Sr Marie Pia

Adresse lors des funérailles de Sœur Marie-Pia Schaller le 13.03.2015

Chère Sœur Marie-Pia, bien-aimée consœur,

Dans l’action de grâce, je voudrais remémorer les grandes choses de votre pèlerinage terrestre, celles qui resteront dans nos cœurs : Votre enfance dans une famille chrétienne, votre mission de consacrée, votre témoignage dans la maladie.

C’est avec bonheur que vous parliez de vos bons parents, de votre joie à la naissance de votre frère Erwin, puis de la cadette Béatrix, des promenades du dimanche qui conduisaient toute la famille dans les jolies chapelles de Notre Dame de Lourdes ou de Notre Dame du Bon Secours près de Schmitten. Votre papa, cordonnier apprécié de tous pour la qualité de son travail et son honnêteté, a été un exemple dont vous vous êtes inspirée tout au long de votre vie.

Nous avons à cœur aujourd’hui de remercier les membres de votre famille qui vous ont accompagnée avec tant d’affection surtout aux jours de plus fortes souffrances.
Le jour de votre première communion, à neuf ans, vous avez senti l’appel à la vie religieuse. La vocation a mûri durant vos études au Sacré-Cœur à Estavayer-le-Lac où vous avez suivi deux années de cours de français, le cours ménager et le deuxième secondaire.

En 1943, vous aviez seize ans quand vos parents ont accepté de vous laisser partir pour le couvent. Toute jeune aspirante, vous avez obtenu le brevet pour l’enseignement dans les écoles enfantines. Une année après la profession, vous êtes envoyée à Sion. Le changement de canton vous oblige alors à reprendre vos études pour l’obtention du brevet d’enseignement primaire valaisan. Nombreux sont les élèves qui vous gardent leur meilleur souvenir.

A trente ans déjà, la maladie met fin à votre activité pédagogique. Durant les années d’épreuves douloureuses, vous restez fidèle à la prière et à l’offrande. Une légère amélioration vous permet de prendre la responsabilité de la petite communauté au service du Séminaire des Missions d’Immensee à Torry, lieu convenant si bien à votre esprit missionnaire. Hélas, après cinq ans, la maladie reprend ses droits. Vous revenez à la Maison provinciale où, malgré tout, courageusement, vous collaborez avec un zèle, bien au-delà de vos possibilités, à un cahier de fraternité entre religieuses malades et handicapées dont le Père Blanchard a eu l’initiative, ainsi qu’à notre Secrétariat des missions.

Dotée d’une excellente mémoire, vous connaissiez le nom et les lieux d’activité de tous les missionnaires qui étaient en contact avec notre province.

Et quand les forces vous ont abandonnée, vous n’avez cessé de porter dans la prière et, avec un vif intérêt, les évènements de l’Eglise, du monde, de votre famille humaine et religieuse.
Au moment où nous célébrons l’Eucharistie, noua vous confions à la tendresse de Dieu.

Merci, chère Sœur Marie-Pia. Reposez, maintenant et pour toujours, dans la Lumière et la Paix de Dieu.

 

 

sr isabelle h

Sœur Isabelle Huber (Marie-Anne)

d’Echallens/VD

1925-2015

 

« Merveilles que fit pour moi le Seigneur » Ps 126

 

Ce verset, choisi pour annoncer le décès de notre chère Sœur Isabelle, sonne très juste. En effet, la trame de sa vie était tissée de petites et grandes merveilles qu’elle sut voir et accueillir puis raconter avec humour et couleurs… en dépit des épreuves et des aléas de la vie.

Sœur Isabelle est née de parents catholiques le 5 août 1925 à Echallens. Elle a été baptisée dans l’église paroissiale de son village natal. Sa mère, Laurette Huber-Gauthier, est morte le 21 novembre 1926. Son père, Amédée Huber, s’est remarié. Un frère et deux sœurs naquirent de ce second mariage.

Sr Isabelle a fréquenté l’école froebélienne et la première classe primaire à Echallens. Elle passait toujours les vacances à Romont, chez sa tante, Madame Clotilde Aebischer-Gauthier qui, en 1933, la prit définitivement chez elle.  Sa tante est la maman de M. Emile Aebischer, connu par tous sous le nom de Yoki, auteur de la magnifique mosaïque pascale de notre chapelle que l’artiste venait volontiers revoir et que Sr Isabelle a si souvent contemplée. C’est donc avec Yoki et ses deux sœurs que Sr Isabelle a grandi. Elle fit ses classes à Romont. Ensuite elle part pour Berne comme employée de maison. Deux ans plus tard, elle revient sur la butte romontoise et est engagée par les Sœurs institutrices pour les travaux ménagers. Sr Isabelle écrit : « Je puis franchement dire que ce fut ma plus belle année de service.  Au commencement, je ne pensais pas du tout au couvent. Mais le dévouement, la patience et le courage des Sœurs m’ont particulièrement impressionnée et je me suis dit que, peut-être, le Bon Dieu m’appelle, moi aussi à la vie religieuse. »

Le 19 novembre 1943, Sœur Isabelle entre chez les Sœurs de la Sainte-Croix d’Ingenbohl à Fribourg. Depuis sa profession, en 1947, elle a travaillé dans nos différents homes en Suisse romande essentiellement comme cuisinière: Gruyères, La Roche, Courtepin, Attalens, Vouvry, Prélaz, St-Ursanne, Sâles… Elle a aussi été souvent une aide précieuse dans les soins aux personnes âgées. Elle a gardé un cœur et un regard d’enfant au sens noble du terme. Si elle savait s’émerveiller au point de ne pas voir avancer les aiguilles de sa montre… elle avait aussi l’art d’émerveiller par sa gentillesse, sa douceur, sa confiance en Dieu et dans les autres, par ses dessins et sa voix cristalline. Qui ne se souvient pas de son chant : «  Je m’appelle Anasthasie… » ?

 

Les membres de sa famille élargie ont fidèlement fait route avec elle. Ils tenaient à sa présence à toutes leurs fêtes de famille. Depuis 2008, Sr Isabelle doit résider à l’ISRF, elle a plusieurs graves accrocs de santé. Pourtant on ne s’attendait pas à ce départ subit au matin du 19 juin 2015. Ce même matin, elle avait reçu la communion durant la messe et un peu plus tard, la visite habituelle du confesseur. On ne peut que répéter : « Merveilles que fit pour moi le Seigneur. »

Adresse à Sœur Francis-Marie Pittet lors de son ensevelissementfrancis marie

le 17 septembre 2015

 

Dans un texte qu’elle nous a laissé, Sr Francis-Marie écrit : le Bon Dieu a donné à mes parents une belle famille de six enfants, cinq filles et un garçon. Je suis la deuxième». Puis, elle ajoute : « J’eus le bonheur de faire ma première communion à l’âge de huit ans. » Quand elle eut quatorze ans, ses parents s’installèrent à Châtonnaye dans une belle maison dont Sr Francis-Marie gardait précieusement la photo avec tant de souvenirs heureux de sa famille. Et vous savez, chère famille, combien votre Sœur vous était attachée. De votre côté, vous l’avez entourée jusqu’au dernier jour. Aujourd’hui, notre merci bien sincère va à chacun. Nous ne voulons pas oublier votre sœur Julia souffrante, retenues chez elle.

La vocation religieuse de notre Sœur est née, écrit-elle, d’un appel intérieur de Dieu perçu dans la prière et par l’intermédiaire spécialement de sa tante, Soeur Marie Alacoque, qui était cousine de Mère Lutgarde Fasel, abbesse à la Fille-Dieu. Dans l’histoire de sa vocation, Sr Francis-Marie invoque aussi ses parents. Sa maman lui avait appris à connaître sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, à l’aimer et à la prier. Encore fillette, elle entreprit de lire le gros volume qu’est L’Histoire d’une âme, et comprit que Jésus la voulait, elle aussi, dans la vie consacrée.

C’est ainsi qu’elle entre dans la congrégation des Sœurs de la Ste-Croix d’Ingenbohl le 18 juillet 1940 et à la fin de ses études pédagogiques, elle fait le noviciat suivit de la profession le 12 juin 1945. Dans toutes les écoles primaires et spécialisées où elle fut envoyée, Sœur Francis-Marie a fait preuve d’un entier dévouement à la jeunesse. Ses nombreux talents en musique, chant, théâtre, catéchèse lui ont permis de motiver ses élèves pour tout ce qui est beau. Nombreux sont ceux qui lui sont restés très reconnaissants surtout les plus défavorisés auxquels elle n’a cessé de porter une attention spéciale.

A la fin de ses années d’enseignement au Sacré-Cœur, Sœur Francis-Marie eut un accroc de santé qui faillit l’emporter. Elle attribue sa guérison à l’intervention de notre fondatrice, Mère Marie-Thérèse Scherer. Le groupe des Amies de Mère Marie-Thérèse fondé au Sacré-Coeur l’ont vraiment portée dans la prière. Sa santé restant très affaiblie, en 2002, sur sa propre initiative, elle demande de rentrer à la Maison provinciale.

Dans sa longue et douloureuse maladie Sr Francis-Marie a fait preuve d’un incroyable courage. De tempérament plutôt bien trempé, elle voulait rester automne le plus possible et se surmontait – parfois au-delà de ses forces… pour se suffire à elle-même. Les soignantes devaient user d’astuces pour atteindre leurs objectifs de soins et la protéger contre son énergie.

En tout cela, Sr Francis-Marie, nous laisse un bel exemple de force intérieure et d’humilité. Dans les inévitables heurts du quotidien, elle avait l’art de demander pardon et de pardonner. De sa vie – et de ce qui la tissait bien concrètement – elle en faisant une offrande pour les plus malheureux, surtout pour les enfants et les malades que personne ne soignait. Une des dernières paroles audibles que notre Sœur a prononcée quelques jours avant de mourir a été : « j’offre pour tous les malades que personne ne soigne. »

En ce jour des funérailles de notre Sœur, nous voulons remercier une nouvelle fois – et de tout cœur – sa famille pour le soutien fidèle et affectueux qu’elle lui a apporté.

Nous adressons notre profonde reconnaissance au personnel soignant et de l’intendance de l’ISRF qui n’a jamais relâché son dévouement plein de respect et de compréhension à l’égard de notre Soeur.

Chère Sœur Francis-Marie, il nous a été bienfaisant de revoir, dans toute son originalité, votre long parcours de vie. Il a été recherche du bien et don jusqu’au bout.

Avec ceux et celles qui vous ont connue et aimée, nous vous disons merci et rendons grâce à Dieu.

Reposez maintenant dans la Lumière de la Croix Glorieuse qui, lundi dernier, vous a accompagnée dans le Passage de ce monde vers le Père.